SAREV, centre culturel

HISTOIRE

Les modalités d'interventions au début de l'histoire

Une programmation de spectacles vivants, répartie en tournées sur les villes et villages concernés permet de mettre en résidence l’équipe artistique de chaque spectacle pendant plusieurs semaines, en raison du nombre élevé de représentations.

Ces résidences d’artistes se déclinent en ateliers, stages, rencontres et autres petites choses qui font le bonheur de tous les jours. Lorsque l’équipe artistique d’un spectacle repart, celle du spectacle suivant arrive.

Ainsi, ces résidences d’artistes viennent enrichir en continu, sur chaque saison, les projets spécifiques des acteurs culturels locaux. Du club photo à l’institutrice, en passant par le vieux monsieur qui à envie de parler du temps où l’usine de bouchons de liège existait encore, chacun trouve son intérêt à  travailler en sessions d’ateliers avec des artistes qui jouent, écrivent,  peignent, chantent, content, dansent,  imaginent et sont heureux de partager leur savoir avec eux.

L’ensemble de la pratique artistique ainsi mise en place (programmation de spectacles, ateliers, stages, rencontres, expositions d’art contemporain, etc.) créée une dynamique qui favorise l’osmose de tous les autres aspects de la vie culturelle de chaque commune. La naissance de cette osmose passe également  par l’intensité des relations entretenues avec les acteurs locaux devenus partenaires de terrain.  Pour répondre à ce programme réparti sur une vingtaine de Communes,  le Centre Culturel SAREV prend une forme semi-itinérante. Sa première salle de spectacle est un chapiteau traditionnel de cirque.

Quelques années plus tard,  se fait  sentir le besoin d’une structure itinérante plus adaptée aux différents types de spectacles et manifestations reçues.
La SAREV conçoit  alors et fait réaliser auprès de spécialistes italiens la Bulle-Théâtre (structure gonflable de 370 places).

Une implantation dans le Var, une présence au plan national

Quelques réalisations de 1979 à 1996…

Dans cette période, outre l’action décrite dans les modalités d’interventions, des évènements conçus et réalisés par la SAREV se succèdent, quelquefois en coproduction  ou coréalisation simple, par exemple:

en 80, pendant la Caravane Culturelle du Conseil Régional PACA, la SAREV prend la responsabilité de “Ciné-Mobile”, une salle de cinéma  itinérante.

Butagaz sur AutoroutePour cette même Caravane Culturelle, JL Favier crée et joue un spectacle de rue sur les nouvelles technologies intitulé Butagaz sur Autoroute.
La SAREV participe à La Falaise des Fous, rassemblement organisé dans le Jura par Saltimbanks Réunis sous l’impulsion de Michel Crespin. Elle y crée la “Savanabouffe”.
Sur le ferment de la Falaise des Fous se préparera  la naissance du Centre National des Arts de la Rue qui prendra racine à Marseille.

Pendant deux années consécutives, le Conseil Régional PACA confie à la SAREV la responsabilité de Spectacles au Pays sur le Département du Var. Cette programmation concerne les compagnies régionales.

TV au paysEn 82, naîtra le projet de TV au pays. Marc ZEEGERS construit un émetteur de télévision portable financé par l’ANVAR (Innovations Industrielles). Sa portée est volontairement réduite à quatre kilomètres, ce qui nous permet d’émettre sur un seul village à la fois, pendant quelques soirées, les sujets préparés par ses habitants. Le programme de chaque village se travaille pendant six mois sous forme d’ateliers, avec tous ceux qui veulent participer. Le moment venu, les émissions ont lieu en direct. Le “plateau” est ouvert au public.

On peut aussi regarder de chez soi ou bien encore se réunir dans les cafés du village où nous installons des batteries de postes récepteurs.
Nous aurons donné naissance, entre autre, à de beaux “apéro-TV!” où chacun y va de son commentaire sur les sujets traités à l’antenne par les copains, les voisins,  les cousins...

Ces TV au pays se feront une vingtaine de fois pendant 8 ans.
En extrapolation de ce programme, quelques années plus tard, nous imaginons le câblage éphémère des principales librairies d’Aix en Provence pour retransmettre en direct la fête du livre qui se déroule dans l’enceinte du Palais de justice.

La Fête des oubliésEn 83, La Fête des Oubliés (titre imposé) se déroule autour d’une piscine de jus d’abricot construite en éphémère pour 1700 enfants venus de toute la région Provence-Alpes-Côte d’Azur... ceux qui n’avaient pas eu la chance de partir en vacances cette année-là.

On a eu envie que ce soit eux qui aient le plus de choses à raconter dans la cour de l’école, le jour de la “rentrée”.  Monstre du Loch Ness, montagne molle, Rock, ballades en cerfs-volants géants, orgies de tartes, baignoires de chantilly, acrobates, bagarre avec le vent et les machines folles de Ritacalfoul, dressage de montgolfières... On était un 20 août. On leur a dit “La fête s’arrêtera quand il neigera”. Il a neigé à 16h22, ce jour-là. (Le duvet d’oie ne sert pas qu’aux édredons).

Cette fête aura lieu les deux années suivantes, sur le même concept.

On peut encore citer le Carnaval Volant de Cogolin où tous les chars, gonflés à l’hélium et dirigés par les enfants, évoluent à quinze mètres du sol pour “bouter hors la ville”, un monstre venu l’envahir.

Ou encore le coup de cœur/coup de pouce du Chapiteau de la Grande Lessive, en 84, à  Avignon, pour présenter au public du Festival, les dernières créations de quatre Compagnies dont la SAREV aime le travail.

Cette même année, elle collabore avec le Festival “IN”, sur sa première expérience d’animation au laser, à partir de l’île de la Bartelasse.

JL Favier participe plusieurs années de suite à la commission d’aide aux compagnies auprès de la DRAC de la région.

En attendant GodotL’année suivante, la SAREV présente En attendant Godot pendant une semaine, dans la programmation de La Criée.

“En attendant Godot” est joué, la saison suivante dans 17 villes et villages de la région, lors d’une tournée conventionnée par le Conseil Régional. Les mises en scène successives sont assurées par Guillaume Cornet, Jean Pierre Duperret et Pierre Palmi.

De 85 à 89, la SAREV coproduit, au côté de la Chartreuse de Villeneuve-Lès-Avignon, les Rencontres Internationales des Compagnies de Mime Contemporain intitulées Théâtre du Geste.

En 89, JL Favier s’occupe du suivi artistique et la SAREV participe à la tournée de la troupe “Logwe de Toma”, danseurs et musiciens qui perpétuent la tradition des Samo (ethnie majoritaire du Souro au Nord-Ouest du Burkina faso).

Jean Louis Favier,  au titre de la SAREV, assure en 90 la direction technique pour la région de Provence - Alpes - Côte d’Azur de la première édition “Les Arts Au Soleil” pour le Ministère de la Culture et la DRAC.

“Au Sud du Sud” au Lavandou

A partir de 90, SAREV développe le programme  Au Sud du Sud  au Lavandou (Var). C’est un maillage, une succession de temps forts et d’actions à long terme sur un  face-à-face des cultures noires  et  des cultures du bassin  méditerranéen, à travers la création et l'art contemporain.
Ce face-à-face porte en filigrane une interrogation permanente sur la façon dont  nos  cultures se saisissent les phénomènes de modernité.

En novembre 91, la Bulle-Théâtre se monte sur le carré du port, Le Lavandou, pour un temps fort intitulé Burkina faso Parole et Musique au cours duquel se produisent les Etoiles du Houët (danseurs et musiciens issus de la troupe nationale du Burkina Faso), Paul Ténoga Ouédraogo (contes et débats), Kader Delme (sculpteur fondeur) et Idrissa Ouédraogo (cinéma). En parallèle, chaque artiste propose des rencontres et des stages en milieu scolaire.

L’année suivante, en octobre et novembre 92, SAREV réalise un nouveau temps fort au même endroit, en recevant avec sa Bulle-Théâtre, Manu Dibango et le Soul Makossa Gang en concert et l’ensemble Massa Konaté (chants et danses des bardes de chasseurs du village de Samorogouan au sud-ouest  du Burkina Faso).  En prime, des photos de Serge Mercier (France), une exposition  des sculptures de Sokemawou (Togo) et Mickael Bethe-Selassié (Ethiopie), des peintures de Saar et Assan Doye (Sénégal), de Clem Lawson (Togo) et de N’Guessan  Kra (Côte d’Ivoire) et  la signature du livre de Pierre Gaudibert, commissaire de l’exposition.

SAREV produit la tournée européenne de l’ensemble Massa Konaté (Burkina faso).

La SAREV revient au Festival d’Avignon

en 94 avec l’établissement, dans la cour du Lycée Saint Joseph, du Cartoun  Sardines  Village  pour présenter la création de la Compagnie ainsi que “Gourmantché!” de Boyaba ( Création  SAREV  sur  les  arts chorégraphiques gourmantchés du Burkina Faso).

Boyaba, Compagnie de danse gourmantché,  travaille pendant 9 ans (de 89 à 98) sous la direction artistique de Moussa Thiombiano et de Jean Louis Favier. Sa création  “Gourmantché!” sera  jouée plus de 140 fois sous contrat aux Etats-Unis, Canada,  France, Belgique, Pays-Bas,  Suisse et, bien sûr, beaucoup d'autres fois en Afrique.
Outre la direction artistique qu’il partage avec M. Thiombiano, JL Favier assure la responsabilité de la diffusion du spectacle, la SAREV produit les tournées internationales et organise, les deux dernières années, des stages de danse traditionnelle gourmantchée au SAHEL, à Fada N’Gourma (Burkina Faso). Ces stages sont réservés aux professionnels de la scène, sur conventionnement  AFDAS.

BOYABA Compagnie de danse gourmantché

Devant la montagne sacrée de Fada N'GourmaGourmanché : Nom d’un peuple d’Afrique qui vit au SAHEL. 800.000 âmes réparties sur le sud du NIGER, l’est du BURKINA FASO, le nord du BENIN et du TOGO.

L’Art gourmantché : Danses flamboyantes où, tour à tour enracinés au sol qui tremble sous leurs pieds puis projetés haut en l’air, les danseurs marquent leur territoire avec leurs pas. Gestuelle conçue autour de la maîtrise de la colonne d’air du thorax, qui parfois donne une impression de tremblement et, le plus souvent, une sensation de dépassement de soi.
Musique aux percussions dominantes, envahissantes et complexes. Ces percussions gourmantchés, qui abritent un véritable language, proposent un univers riche et vaste en sons, rythmes et instruments dont les principaux sont le Ligagloali, le Kpimga, l’Ilonga, l’Iyéga, le Libedyli, l’Ipomelega et le Lilouendiel.

Amina (Boyaba)Exubérance d’un art qui, par pudeur extrême, cache derrière sa faconde l’angoisse de tous les paris, là où survivre est une performance.

Le groupe BOYABA est créatif. Il invente des pas, dessine des costumes, compose des musiques; tout un écho d’anciennes résonnances. “Là-bas”, conjuguer la tradition au présent est possible, même si le cadre de création reste étroit.              

Avec la Bulle Théâtre

Depuis sa naissance et au fil des ans, la Bulle-Théâtre aura accueilli dans son gros ventre un nombre important de  représentations d’œuvres telles que :

Amina (Boyaba)“L’Ascète de San Clémente” de Jean Godin (création chorégraphique),  “ Les Logwé de Toma ”  (danse traditionnelle Samo - Burkina Faso), “Dom Juan” de Molière (Théâtre International de Yaoundé), Puppi e Fresede (comédia del ’arte), l’ensemble Massa Konaté de Samorogouan (Burkina Faso),  Paul Ténoga Ouedraogo (contes), la Chorale Gabriel Fauré, Massimo Schulzter (marionnettiste), une exposition de Mickael Bethe-Sélassié et de Sokemawou,
“La Repasseuse” (Clowns Macloma), Les Piétons (Théâtre), La Larmuze (Théâtre), Le Théâtre du Mouvement (Danse), “Exit” de El Tricycle (mime), L’Institut de Jonglage (Théâtre), Achille Tonic (Cabaret-Théâtre), Cartoun Sardines Théâtre et une centaine  d’autres oeuvres,  en spectacle adulte ou jeune public.

Parallèlement à ces accueils correspondant à des programmations artistiques sous contrat, la Bulle-Théâtre SAREV s’ouvre aux projets des acteurs locaux.

On voit se succéder le spectacle de fin d’année de l’école,  celui du cours de danse, un loto, une foire au mouton, un rassemblement de “cibistes”, le bal du Téléthon, le repas des anciens et bien d’autres émanations de la vie culturelle spécifique à chaque commune.

La Bulle théâtre au château BorélyEnfin, la Bulle-Théâtre participe,  sous forme de coproduction ou en simple appui technique,  à des événements tels que le Festival de Jeune Théâtre de Carros, le Forum de Marionnettes de Garéoult  ou encore la retransmission en 89, en direct, de la finale de la Coupe de football des clubs champions  (vidéo) et la projection de La Marseillaise de Renoir (cinéma), sur un programme de  Jean-Pierre Daniel à l’Alhambra Ciné-Marseille

à partir de 1996…

bulle

Née en 1979 dans le département du Var pour répondre à un projet de développement culturel en milieu rural, la SAREV fédère, dès son origine, une vingtaine de communes du centre et du haut pays varois.

Elle établit un programme d’actions artistiques avec les acteurs locaux de chaque ville et village ( élus, enseignants, associations locales, groupes artistiques, etc).  
   

En 1996, SAREV la rurale met sa robe du dimanche et s’en vient à la ville, la belle Marseille.